L’Icône Retrouvée, 20 ans après

« Pour moi, être au service des pauvres c’est retrouver une icône, celle du Christ, de notre Dieu et la rendre à l’amour des fidèles. C’est donc servir le Christ afin qu’il ne soit plus jamais renié, oublié ou pire… accusé à cause de mon indifférence. Derrière l’indifférence de mon frère déchu, comme derrière mon propre péché, il y a l’icône du Christ, il y a le Christ Lui-même à la fois Auteur et Sauveur de tout homme. C’est, je le crois, le devoir même de l’Eglise et donc de tout chrétien, comme le Seigneur l’a indiqué. »

Ainsi écrivait Père Nicolas Lacaille dans un article qui nous a incités à associer le nom d’Icône Retrouvée  à celui de Saint-Thomas-apôtre, association créée en 1997 avec quelques amis de notre paroisse Saint-Basile à Paris et dont le but était d’aller à la rencontre des personnes en grande détresse, en particulier des familles, en créant des lieux de vie. Nous étions animés par le désir de changer de vie en nous mettant au service de ces personnes. Ce projet n’a pas abouti mais avec cette appellation d’Icône Retrouvée, les objectifs de l’association se sont élargis au travers de plusieurs actions visant à mettre en pratique le sacrement du frère tel que prôné par sainte Marie Skobtsov.

Nous avons organisé 4 colloques à l’institut Saint-Serge.  Père Boris Bobrinskoy, qui nous a toujours accueillis avec bienveillance et soutien, introduisit ainsi le premier en 2000 qui s’intitulait « L’accompagnement du frère souffrant, pour une ascèse de l’action sociale » :

« Je disais à mes étudiants combien il est important pour l’Institut Saint-Serge de sortir un peu des ornières académiques, des ornières rabâchées, des ornières intellectuelles et théoriques de notre théologie parce qu’il est temps que vous fassiez de la vraie théologie. Cette vraie théologie implique nécessairement une dimension d’ouverture, d’amour, de compassion, de souci du frère, de l’autre, de l’étranger, du pauvre, de l’ennemi, que sais-je ? C’est une dimension sans laquelle toutes nos considérations, nos spéculations, nos visions, nos exaltations sont creuses. »

Les autres colloques s’intitulaient : « Le pardon » , « Le suicide ou le désir de ne plus être », « La famille lieu de souffrance et de guérison ? ». Jean-Fraçois Colosimo, père Dominique Beaufils, Jean Marie Gourvil, Elie Korotkoff, Gérard Sévérin, Tatiana Morozov, Jean-François Reverzy, père Yannick Provost, entre autres, nous ont fait l’honneur d’intervenir durant ces colloques.

Nous avons aussi créé un réseau d’entraide au travers d’un répertoire recensant toutes les bonnes volontés pouvant procurer une aide (sociale, psychologique, juridique, médicale…) à des orthodoxes dans différentes  régions.

Enfin, quelques numéros d’un feuillet PRAXIS servait de lien entre toutes ces actions.

Vous voyez combien nous étions dynamiques, animés d’un intense besoin de nous sentir utiles, en vivant une spiritualité incarnée. La maladie puis le décès de Père Nicolas  a fait s’éteindre peu à peu l’Association, sans que pour autant je puisse me résoudre à la fermer.

Aujourd’hui, avec le soutien d’amis qui lui sont restés fidèles depuis sa création, nous sentons que le moment est venu de relancer notre Association.  En ces temps de crise sociale et de crise écologique, nous nous sommes demandé : que faisons-nous, chrétiens orthodoxes, individuellement ou en paroisse pour « faire notre part » comme disait le colibri de la légende ? Comment rendre à la terre et à ses habitants la beauté que Dieu lui a donnée ?

Il nous semble que le sacrement du frère peut s’incarner dans cette mission, afin que nous ne restions pas indifférents à celui qui souffre par notre indifférence, notre inconscience, et en tout premier lieu à notre planète.  « On n’hérite pas la terre, on l’emprunte à ses enfants » disait Saint Exupéry.

Nous souhaitons que ce site soit alimenté par des articles, des lectures, des informations sur des événements mais aussi des actions à partager avec les paroisses de toute juridiction, car il est aussi temps que les orthodoxes montrent une image d’unité et non de division. Oui nous partageons tous la même planète et avons le pouvoir d’agir. Tout est ouvert, tout est à construire avec ce seul fil conducteur : que faisons-nous pour notre prochain ? 

Comme le disait père Cyrille Argenti :

« Retroussons nos manches et tâchons de voir comment nous pouvons à la fois nous greffer sur le Christ, nous nourrir de son esprit… et servir le monde. »

Merci à tous ceux qui voudront bien nous accompagner avec foi  et espérance dans cette démarche en nous envoyant un message à partir de la page Contact.

Hélène Lacaille